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La genèse

Rédigé le Mardi 2 Juin 2020 à 11:22 | Lu 65 fois




 
BathysMed est avant tout l’histoire d’une rencontre. Celle de deux pèlerins qui ont emprunté des chemins différents pour se retrouver et aboutir à une conclusion simple : la plongée soigne et guérit du stress.
 
Fin 2013, Frédéric Bénéton, banquier conseil dans une grande banque française, traverse un passage à vide et a besoin de se ressourcer. Épuisement professionnel, burnout, le diagnostic est posé par deux médecins qui lui prescrivent quatre mois d’arrêt de travail. Il part plonger chez Vincent Meurice, gérant du club Atlantis formation à Bouillante en Guadeloupe, club qu’il fréquente depuis 4 ans avec l’espoir que la plongée le fera récupérer plus vite. En effet, depuis plusieurs années, Frédéric vit avec l’idée que la plongée lui fait du bien, qu’une semaine sous l’eau lui apporte davantage de bienfaits qu’une semaine de vacances, aussi sportives soient elles. Il dort mieux, gère mieux ses émotions et son stress. Ce  bénéfice est  diffus et difficile à définir précisément, mais il le partage avec d’autres plongeurs, dont il consigne les verbatim et témoignages sur un carnet.
 
Vincent Meurice est né avec la plongée. Convaincu très jeune que ce sera son mode de vie, il commence la plongée à 11 ans et devient moniteur professionnel à 20 ans. Confronté à certaines angoisses, il découvre la sophrologie et son efficacité au début des années 2000. Devenu BEES2 et instructeur Padi, Vincent ouvre sa propre structure et décide de se former à la sophrologie, convaincu que ce sera une corde de plus à son arc dans son rôle de manager d’équipes et de sportifs. Durant sa formation pour devenir sophrologue, il profite de certaines plongées pour pratiquer au calme sous l’eau et se rend compte que l’immersion démultiplie les effets des séances. Une combinaison des deux pratiques, plongée et sophrologie, commence alors à germer dans son esprit.
 
Des intuitions aux premiers essais
 
Si les deux hommes partagent leurs intuitions communes à la fin de cette année 2013, ils sont loin de se douter de l’aventure qui les attend. Frédéric revient guérit après 15 jours de plongée et reprend le travail très rapidement, à la grande surprise des médecins. Frédéric en est dès lors convaincu, la plongée apporte un bienfait méconnu. Pourtant, il n’existe aucune preuve dans la littérature scientifique. Seules des constations indirectes dans quelques articles laissent entrevoir des possibilités.Frédéric se rend à Marseille début 2014 pour rencontrer des chercheurs qui travaillent depuis des années sur la toxicité de la plongée. « Cela fait 30 ans que l’on étudie les dangers de la plongée, il est temps d’en explorer les bénéfices », lui glisse Bernard Gardette, alors directeur scientifique de la Comex. Frédéric décide de quitter son métier pour entreprendre ses recherches et s’inscrit en DEA de physiologie.
 
Cette année de recherche permet d’être rattaché à un laboratoire et de mener une première expérimentation. Ce sera l’étude DivStress et le point de départ de l’aventure. À Marseille, Frédéric fait la connaissance du Dr Mathieu Coulange, qui enseigne dans le DEA de physiologie. Le médecin vient de prendre la direction du service hyperbare de l’hôpital Sainte Marguerite. Très investi dans le monde de la plongée, Mathieu est lui aussi convaincu des bienfaits de la plongée, à condition qu’elle soit pratiquée en toute sécurité. Mathieu met très vide son réseau en action et permet à Frédéric de mener ses premières recherches, auprès des apprentis scaphandriers de l’Institut national de plongée professionnel (INPP), puis auprès des clients de l’UCPA du centre de Niolon.
 
Frédéric rencontre également le Dr Marion Trousselard, médecin chercheur à l’Institut de Recherche Biomédical des Armées, grande spécialiste du stress et de la méditation de pleine conscience. Avec Marion, Frédéric définit les critères de mesure du stress et le protocole de DivStress. Marion ne connait pas la plongée, mais au cours de leurs discussions, elle pointe du doigt certaines analogies entre les deux pratiques. Lorsque Frédéric présente les premiers résultats de DivStress pour son oral de mémoire, l’une des conclusions majeures de ce premier essai est que « le plongeur médite sans le savoir ».
 
Des résultats très prometteurs  
 
DivStress montre sans aucune équivoque les bénéfices de la pratique de la plongée sur le stress : les pratiquants repartent d’un stage de huit jours avec un niveau de stress perçu moins élevé qu’au départ et cet effet perdure plusieurs semaines, voire quelques mois. Ils augmentent également leur capacité de résistance au stress(1). C’est la première publication au niveau mondial qui démontre que la plongée a bien une action thérapeutique mesurable. La voie est ouverte pour commencer à parler de « plongée santé ». Vincent et Frédéric échangent dès lors sans cesse et travaillent autour du triptyque plongée-méditation-sophrologie.
 
Si chacune des pratiques a ses bénéfices propres, les deux fondateurs de BathysMed font le pari qu’en combinant les trois pratiques sous l’eau, les effets ne vont pas simplement s’additionner mais se potentialiser et ainsi se décupler. Vincent s’atèle à la tâche, d’autant plus facilement qu’il a déjà commencé à tester la sophrologie sous marine. Il donne alors corps à ce qui va devenir le protocole BathysMed avec des exercices spécifiques alliant plongée loisir et pratique subaquatique de méditation pleine conscience, sophrologie et préparation mentale. Il ne reste plus qu’à valider l’efficacité clinique du protocole. Ce sera DivHope avec les rescapés des attentats du 13 novembre 2015 et la fantastique aventure qui s’ensuivra.
 
Cette aventure avant tout humaine et scientifique que représente BathysMed n’a pas fini de nous livrer tous ses résultats. Elle est le fruit de rencontres, d’intuitions, d’exigence scientifique, de recherche et de passion pour l’exploration de nouvelles voies. Chaque personne impliquée dans ce projet, des fondateurs aux bénéficiaires du protocole en passant par les moniteurs de plongée brevetés, est intimement convaincue que les frontières de la connaissance sont faites pour être dépassées en alliant les disciplines et les profils, et que la voie de la « plongée augmentée » est une alternative thérapeutique qui ouvre des perspectives nouvelles de prévention du stress, de soin et de bien-être pour l’avenir.
 
 
 
  1. Les résultats de DivStress sont publiés en 2017 dans Frontiers in psychology.