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« Les premières minutes sont décisives dans la survie des victimes de noyade »



« Chaque année, la noyade touche près de 500 000 personnes dans le monde et 1 600 personnes en France, avec un taux de mortalité de 30 %, explique le 15 octobre le Pr Pierre Michelet, chef du service des urgences de la Timone (Marseille). En France, elle touche principalement des adultes en mer et des enfants en piscine. La noyade est une insuffisance respiratoire aiguë qui résulte de la submersion des voies aériennes ». Les moniteurs en formation écoutent avec attention. L’occasion de rappeler les différents stades de noyade (du grade 1 au grade 4), les mécanismes en jeu, les principales manifestations cliniques et la prise en charge requise. Et des conseils pour le quotidien. 

« Pour prévenir les noyades en piscine, la vigilance doit être permanente avec les enfants, l’accident arrive très vite », rappelle l’urgentiste. « Par ailleurs, si un enfant qui vient de boire la tasse - évènement fréquent ! - n’a pas récupéré un état normal au-delà de 5 minutes et présente une toux persistante, des lèvres bleues ou montre une fatigue inhabituelle, il faut appeler immédiatement les secours, complète le médecin. C’est ce qui est parfois abusivement nommé « noyade sèche ». L’état d’une jeune victime consciente et qui parle, mais qui a inhalé de l’eau dans les poumons peut effectivement se dégrader dans les heures qui suivent parce qu’elle ne parvient plus à s’oxygéner assez. Dans l’attente d’un avis spécialisé, il faut laisser l’enfant se mettre dans la position qu’il préfère, assis ou debout. »

De manière générale, si la victime - qu’il faut extraire de l’eau rapidement -, respire, elle doit être placée en position latérale de sécurité en attendant les secours car l’estomac empli d’eau provoquera des vomissements. « Si la personne est en arrêt cardio-circulatoire, elle doit être en tout premier lieu ventilée, explique le médecin. Un massage cardiaque sans ventilation première n’aidera pas une victime de noyade puisque la source de l’arrêt est le manque d’oxygène. » Pierre Michelet insiste sur le fait que « les premières heures et en particulier les premières minutes sont décisives dans la survie des victimes de noyade ». 

Pour aller plus loin

Des recherches sont actuellement menées par l'équipe du Pr Michelet pour explorer toutes les causes menant à l'accident. Certains cas de noyade sont en effet probablement liés à des pathologies cardiovasculaires ou neurologiques provoquant malaise ou perte de connaissance. Ce qui en milieu aquatique ne pardonne pas. Une voie en particulier intéresse le médecin chercheur spécialiste de la noyade, celle des œdèmes pulmonaires d’immersion (passage de liquide de la circulation sanguine dans les poumons) qui seraient à l’origine de  certains accidents de plongée… Autant de sujets sur lesquels le médecin dirige des recherches en vue d’améliorer la prise en charge des victimes.


Neijma Lechevallier